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Annie Savoie (MCA)

Devant La Sariette, une petite boutique alimentaire située au Marché de Bouctouche, il y a un tricycle jaune de taille adulte. Annie Savoie est gérante de la boutique et c’est à elle qu’appartient le tricycle. Elle s’en sert pour se déplacer dans le marché, et l’attention qu’elle attire en roulant tranquillement d’un kiosque à l’autre est bonne pour les affaires.

Annie a à la fois suivi et animé une formation de mentors communautaires en alimentation (MCA) à Richibucto en 2017, mais elle évoluait déjà depuis longtemps dans le monde de l’alimentation. Cuisinomane autodidacte, elle dit, en toute simplicité : « j’adore la nourriture. J’adore les saveurs et j’aime expérimenter avec la nourriture – prendre un ingrédient commun, choisir une recette et m’inspirer de la cuisine d’un autre pays pour voir comment j’utiliserais cet ingrédient. Voilà ce que j’aime. » Les responsables du Programme des MCA ont demandé à Annie non seulement de suivre la formation, mais aussi d’en animer une partie parce que les gens avaient remarqué ses compétences en alimentation, son engagement et son implication profonde dans la communauté.

En plus de donner des présentations sur les aliments à valeur ajoutée, comme le yogourt, dans les écoles, Annie donne des ateliers au marché et pour d’autres organismes. Elle fait aussi de trois à quatre mille biscuits chauds chaque année pour la collecte de fonds du carnaval de Sainte-Anne. Elle exploite également un petit service traiteur.

Elle fait sa recherche – dans les livres, à la bibliothèque, sur Internet – pour apprendre l’histoire des aliments de différentes cultures et les modes de préparation de divers plats pour ensuite improviser et expérimenter. Elle a aussi appris auprès d’autres mentors. « J’adore manger. J’adore apprendre. J’adore apprendre sur les diverses cultures, les mets et jouer avec les éléments. » Dans cet esprit, elle pourrait prendre un mets acadien traditionnel, comme le fricot, et le transformer en lui donnant une autre saveur, comme celle de la noix de coco.

Comment a-t-elle fini par se retrouver à La Sariette, au Marché de Bouctouche? « Ils sont venus me chercher », explique Annie. Il semblerait que les gens ne cessent de demander à Annie de faire partie de leur projet. En plus de vendre des produits locaux comme le sirop d’érable et la confiture d’argousier, elle fabrique ses propres produits, comme le sel de mer aromatisé. « Je suis toujours en rupture de stock. »

Il est très important d’instruire les gens sur l’alimentation. « Il est important d’avoir un endroit où découvrir l’alimentation. Il est important de cultiver des jardins et de savoir comment transformer les aliments. » Selon Annie, cette instruction doit comprendre un volet sur l’importance d’appuyer les agriculteurs locaux et sur la façon de cuisiner avec des ingrédients locaux, sans oublier le rôle important des aliments frais et de la bonne nourriture pour la santé optimale. « La nourriture est très importante, surtout parce que les méthodes anciennes disparaissent. Nous devons combiner celles-ci aux nouvelles méthodes modernes. »

Ce qu’Annie a surtout aimé de sa formation de MCA, ce sont les liens créés entre les personnes qui apprenaient ensemble. Les participants ont visité des fermes de la région et observé divers modes de production alimentaire. Un chef leur a fait découvrir les aliments locaux. Cette formation a donc eu « une influence profonde sur sa façon d’enseigner en milieu communautaire », car Annie comprenait mieux les interrelations de la filière alimentaire de proximité.

Jusqu’à présent, Annie a réalisé toutes ses activités sans aucune forme de financement externe, mais étant donné ses idées de projets d’envergure, elle pourrait chercher des subventions dans l’avenir.

Parmi ses rêves d’avenir, Annie Savoie aimerait créer un restaurant itinérant, où elle irait cuisiner des repas pour les gens chez eux.